8 - Et la guerre de 1939-1945

C'est dans cette période de calme relatif, de mutations progressives et d'évolution maîtrisée que survint la seconde guerre mondiale qui fut pour nous, cens de Mametz, une épreuve bien différente de celle de 14-18. Ce fut un temps de longue attente, ponctué par le martèlement des bottes des troupes d'occupations dont la présence fut quasi constante dans le village, par l'angoisse des moments d'alerte sous le vrombissement des avions à la recherche des rampes de lancement des Vl de Blanc-Pignon et autres. Ceci nous valut, le 19 mars 1944, la chute d'un chapelet de bombes sur “ Les Ruelles ” dont l'explosion allait coûter la vie à deux habitants du quartier, qui laissaient quatre orphelins. D'autres de nos concitoyens allient trouver la mort au travail ou sur les routes, dans des bombardements meurtriers qui ponctuèrent ces années d'incertitude. Le conflit terminé, les prisonniers de guerre, patiemment attendus, regagnèrent leurs foyers et Mametz entreprit de panser ses plaies, heureusement bénignes.

Ce dernier demi-siècle a donné à notre village le visage que nous lui connaissons aujourd'hui et qui doit lui permettre d'aborder l'an 2000 avec un optimisme raisonnable. Le boom de la construction a fait fleurir de nombreuses habitations, de bon goût pour la majorité d'entre elles, comme il a permis la rénovation des immeubles anciens. Ce fait positif a particulièrement contribué à souder les trois villages qui, à part quelques centaines de mètres entre Marthes et Crecques sont maintenant réunis. Grâce à l'achat judicieux d'une parcelle importante de terrains destinés à constituer une réserve foncière au centre de l'agglomération, le quartier baptisé “ de Bruchine ” a amené le contingent de population nécessaire à la survie du village et à son expansion raisonnable. Dans les années qui viennent, on trouvera probablement dans ce secteur un espace en forme de “ place publique ” à l'écart de la circulation intensive de la route départementale. Tout ceci a obligé les pouvoirs publics à aller résolument de l'avant dans l'aménagement de la voirie, la desserte en eau potable et surtout, dans la récupération et l'assainissement des eaux usées. MAMETZ a en effet, été avec REBECQUES et BLESSY qui forment le Syndicat d'Eau et d'Assainissement, l'une des premières communes du département à se doter d'un réseau d'assainissement qui lui permet de faire face, sereinement, aux contraintes d'une époque qui se veut de plus en plus écologique.

Si beaucoup d'exploitations agricoles ont disparu, comme partout ailleurs, celles qui se sont maintenues se sont modernisées et structurées. Les productions, le matériel, les façons culturales, la vie même de la ferme et de ses habitants a considérablement évolué. Le passage de l'Autoroute A26, au sud-ouest du territoire a provoqué un Remembrement qui, avec le Plan d'Occupation des Sols, devrait préserver le caractère rural du village ainsi que la qualité de ses paysages. Les artisans et commerçants sont encore nombreux et variés et sont en mesure de répondre à quasi tous les besoins du village.

MAMETZ, pays de terre, de vent et d'eau entend tirer parti pour le bien de tous, de ce qui était autrefois considéré comme une calamité Les terres inondables, anciens prés flottants, se transforment peu à peu en étangs pour le plaisir des pêcheurs et des amateurs de sports nautiques. Des structures d'accueil se mettent en place, des terrains de camping de bonne tenue, des gîtes et des chambres d'hôtes, des commerçants dynamiques et accueillants donnent vie et il faut se réjouir de voir qu'on a le souci de préserver l'écrin de verdure qui forme un cadre exceptionnel à toute cette partie de la Vallée de La Lys.

En 1952, MARTHES s'est, à son tour, doté de son école et en 1989, MAMETZ a vu s'agrandir le groupe scolaire, preuve, s'il en est besoin, que la démographie sans être galopante, est normale et que le village veut vivre et même prospérer. Notre plus grande richesse réside d'ailleurs dans toute cette population enfantine qui remplit les classes bien vivantes et agréables, sans compter tous les jeunes qui s'essaiment vers Thérouanne, Aire, Saint-Omer, Arras ou Lille afin de préparer un avenir qui, nous le souhaitons de tout cur, sera à la mesure de leurs espérances.